www.DUB.cz
Université spirituelle de l'Être
českyenglishdeutchfrancaisespanolitalianorussiangreek
Vie de l’univers (partie 2)

Aucune partie de cette publication ne peut etre reproduite ou diffusée
sans le consentement écrit préalable de l’éditeur.

Josef Zezulka – BYTÍ – L’ÊTRE
philosophie de vie

VIE DE L’UNIVERS

J’ai utilisé le terme d’« OEuvre créatrice ». Qu’est-ce que c’est et en quoi diffère-t-elle de l’univers décrit ? Un événement que j’ai vécu jadis pourra peut-être l’expliquer au mieux et nous aider à comprendre.

Plongé dans ma vision, je me tenais debout, sur notre planète, sur le bord de mer sablonneux. La nuit était très claire et le ciel parsemé d’étoiles. Alors que je contemplais les constellations connues, je me suis mis à grandir et à m’élargir. Je m’élargissais dans l’univers. Sous mes pieds, notre planète se rétrécissait, tout l’univers s’approchait, s’épaississait devant moi et, soudain, je me suis rendu compte que je regardais les atomes d’une matière. Et tout continuait à s’épaissir, à se rétrécir, jusqu’à ce que j’aie pu discerner que je regardais un grand corps qui s’amenuisait pour devenir un grand bloc de pierre, puis un bloc plus petit. Et je tenais ainsi, dans ma main tendue devant moi, une grande pierre, puis une plus petite et, finalement, juste un grain de sable. Je regardais autour de moi et je me suis aperçu que j’étais sur le rivage sablonneux d’une planète. Sous le beau ciel étoilé, je me rendis compte que je tenais dans ma main un petit grain de sable contenant un atome. L’électron qui tournait autour de son noyau était la planète dont j’étais venu. J’ai compris que je me trouvais dans une autre sphère matérielle. J’ai lâché le petit grain sur le sol, toisé du regard le ciel étoilé et recommencé à grandir. À nouveau, tout s’agglutinait et se rétrécissait jusqu’à ce qu’il ne restât sur la paume de ma main qu’un petit grain de sable. Un de ses atomes contenait une planète. L’atome du petit grain de sable, reposant sur le bord de mer de celle-ci, contenait notre planète, celle dont j’étais issu. Cette scène s’est répétée encore plusieurs fois, je ne sais guère combien de fois, mais cette transposition incessante dans les sphères de plus en plus grandes m’a finalement ramené sur notre planète, celle, dont j’étais issu à l’origine. Lorsque je me suis à nouveau retrouvé sur l’endroit de départ, sur le bord de mer, je me suis penché pour prendre dans la paume de ma main un grain de sable. Pendant que je l’observais, j’ai commencé à me rétrécir, comme si je volais vers l’intérieur de ce petit grain. Celui-ci grandissait devant moi, est devenu grand comme un bloc de pierre, ensuite comme une montagne. J’ai vu que sa matière se raréfiait et je me suis rendu compte que j’observais ses molécules et, par la suite, ses atomes. J’ai alors choisi un de ses atomes et je me suis envolé vers lui. J’ai vu son noyau autour duquel tournaient des fragments plus petits, tels des satellites. J’ai réalisé que c’était des planètes. J’ai choisi l’une d’entre elles. Je me rétrécissais et volais vers elle. Elle grandissait sans cesse jusqu’à ce que j’aie pu distinguer ses mers et ses continents. Tout s’approchait et j’y ai atterri. Je me trouvais sur son bord de mer sablonneux. J’avais la même taille que sur notre planète. Même mes dimensions étaient normales et, pourtant, je comprenais que je me rapetissais pour ne constituer qu’un atome. Par ailleurs, j’ai réalisé que mon cheminement était inverse à ma précédente progression. Maintenant, j’étais sur une orbite qui faisait partie de l’atome de sable reposant sur le rivage de notre planète. J’ai contemplé la planète et son ciel étoilé, je me suis baissé pour prendre un grain de sable dans la paume de ma main. J’ai commencé à me rapetisser à nouveau, tout se raréfiait autour de moi et toute la scène recommençait. Je me replongeais dans des sphères matérielles, de plus en plus inférieures, je les traversais jusqu’à revenir sur notre planète, celle dont j’étais parti. Que je sois allé vers le haut, dans l’univers, ou vers le bas, dans l’atome, je revenais toujours au point de départ. Cette expérience m’a permis de comprendre l’infini et l’éternité de l’OEuvre créatrice comme quelque chose de très simple. Si simple que je m’étonnais de ne pas l’avoir compris aussi pleinement plus tôt. Or, dès que je commençais à revenir dans notre réalité et que je me reliais à nouveau à mon cerveau, cet entendement perdait de sa plénitude. Lorsque je me suis réveillé et retrouvé ma pleine conscience habituelle, je comprenais tout ce que j’avais vécu, mais pas aussi pleinement que lors de mon détachement. En effet, je revenais dans le cerveau humain qui ne peut embrasser qu’une compréhension relative, correspondant à notre degré d’évolution. Il n’en restait qu’une partie, mais derrière elle, au-delà du seuil de la conscience humaine superficielle, il restait un entendement fort, plein, qui, grâce au pressentiment d’un infini restreint, enchaîne et renforce la compréhension possible.

Lorsque l’esprit humain vague, à travers ses réflexions, dans des problèmes infinis de la vie, une question surgit : Mais qu’entend-on par « fini et infini, compris et incompréhensible » ?

Nous avons pris l’habitude de réfléchir comme des êtres humains. Dans notre existence, nous nous appuyons trop souvent sur les événements les plus proches, ceux qui nous entourent, qui forment notre scénario de vie inéluctable et que nous comprenons comme une réalité incontestable. Je pense au cours de notre vie, avec tous ses événements, depuis la naissance jusqu’à la mort. C’est une perception humaine courante, donnée par la maturité de la créature et par le fait que notre créature est actuellement à un stade d’évolution où elle est l’homme. Sous cet aspect, nous pouvons observer le cours ordinaire de la vie avec tous ses événements. Mais dès que nous franchissons, par notre esprit, ce seuil de la vie quotidienne, une vue plus profonde de la vie s’ouvre devant nous et la perception humaine courante, limitée, nous devient exiguë.

Je reviens au tableau dépeint, lorsque je traversais d’autres sphères, dans la réalité vitale, dans cette réalité que j’appelle « l’OEuvre créatrice ». Je me rends profondément compte des possibilités de compréhension plus larges et, par conséquent, je conçois tout le processus atemporel et infini comme une grande idée – une partie de Podstata éternelle – séparée de Podstata, divisée en une bigarrure époustouflante et cristallisée en éléments et corps composés, factuels, qui constituent l’action. Une partie infime de celle-ci est perçue par chaque créature, selon sa maturité de développement, le temps et le lieu de sa vie, de son destin.

Tout n’est qu’idée et il n’existe rien qui ne le soit pas. Je ne pense pas au produit de la réflexion que nous appelons idée. Je pense à l’essence intellectuelle de tout l’être. C’est la conscience centrale de tout l’être – qui est, de toute évidence, intellectuelle par essence. C’est une grande action, achevée, dans laquelle tout ce dont nous disons qu’il était, qu’il est ou qu’il sera, est déjà accompli, durable et existe actuellement. Il n’y avait rien, il n’y aura rien. Tout est déjà achevé et permanent. Le temps n’existe pas, il n’y a que la durée, permanente.

Essayons d’imaginer que nous oublions, pour un instant, la vie quotidienne actuelle et que nous sommes, dans l’atemporalité, devant « l’OEuvre créatrice ».

Tous les mouvements de l’univers sont arrêtés, figés dans leur immobilité. Devant nous, un ensemble, « l’OEuvre créatrice ». Simultanément, nous observons toutes les périodes. Nous avons devant nous ce que les gens appellent le passé, le présent et même le futur. La marche du temps s’est arrêtée. Tout dure. Toutes les actions de l’OEuvre créatrice (tous les destins de tout étant) sont devant nous. Tout l’univers est ici, dans sa dispersion ardente, dans son regroupement centripète et son refroidissement. Il y a ici la période où notre planète avait été créée pour se refroidir ensuite jusqu’au moment où la vie éternelle a apparu sous la forme que nous, en tant qu’êtres humains, connaissons et dans laquelle nous vivons. Nous voyons la première vie organique, les premières particules vitales, élémentaires, microscopiques, puis des créatures plus grandes, plus complexes. Vient ensuite le passage de la vie aquatique à la vie terrestre, les premières vies des créatures végétales, le passage des végétaux aux animaux, l’évolution des animaux en des formes de créatures de plus en plus élevées et de plus en plus complexes. Dans nos pensées, nous voyons le développement donnant naissance au premier homme, nous observons son histoire et nous voyons même ce que nous appelons, de nos jours, le futur. Nous voyons d’autres actions, une autre évolution de la créature qui, passant par le stade de l’homme, se dirige vers des êtres de plus en plus développés. Nous voyons le changement des conditions vitales sur la planète qui se refroidit. Nous voyons le changement des formes vitales qui s’adaptent aux conditions données. Nous voyons tout l’univers dans sa vie animée de pulsations. Nous voyons des impulsions respiratoires de l’univers, il redevient incandescent, fond, sa matière se dissipe pour se concentrer et refroidir plus tard. Nous voyons la révolution des planètes qui ne sont quelquefois que des éléments de force pour devenir ensuite gazeuses, liquides et solides. Leur matière se sépare et se réunit pour se séparer et se réunir à nouveau. Nous voyons tout l’univers respirer. Nous voyons tous les événements fatals de tout étant - maintenant – tout à coup – simultanément.

Soudain, nous voyons non seulement cette sphère cosmique, mais également les autres sphères qui sont supérieures et inférieures à nous (cf. le tableau dépeint sur le petit grain de sable et sur les sphères cosmiques). Tout est devant nous – immobile, constant dans son existence. Toutes les actions vitales, fatales, demeurent dans leur essence intellectuelle, prêtes à être perçues, à tout moment, par des créatures qui les considéreront comme leur propre réalité.

 
 
 
 

Josef Zezulka – BYTÍ – L’ÊTRE – philosophie de vieJosef Zezulka – BYTÍ – L’ÊTRE – philosophie de vie
Éditeur © Tomáš Pfeiffer, Éditions Dimenze 2+2 Praha, Soukenická 21,
110 00 Prague, République tchèque
le 30 mars 2015, ISBN 978–80–85238–22–8 
Tous droits réservés. Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite ou diffusée sous aucune forme – papier, électronique ou autre – ni traduite dans une autre langue sans le consentement écrit préalable de l’éditeur. 
© Tomáš Pfeiffer, 2015

  

 
     
 
© Tomáš Pfeiffer. All rights reserved.