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Université spirituelle de l'Être
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Destin

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Josef Zezulka – BYTÍ – L’ÊTRE
philosophie de vie

DESTIN

Il n’y avait rien, il n’y aura rien, tout existe maintenant ! L’OEuvre créatrice dure dans son immobilisme. Les temps passés et futurs existent parallèlement. Nous seuls - notre « Je suis » - cheminons dans ces actions achevées et construisons la notion du temps dans notre pensée. Nous vivons des instants et nous les passons pour entrer dans les suivants. Un fragment de l’OEuvre créatrice - celui qui représente notre destin - se déroule dans notre conscience organique comme un film. Nous avançons dans une action donnée qui agit sur nous par sa réalité et nous observons les autres destins autour de nous.

Imaginons l’OEuvre créatrice comme un corps composé de cellules. Chaque cellule est une action, un destin de quelque chose ou de quelqu’un. Tout ce qui existe autour de nous a son propre destin, sa propre action. Aussi bien une pierre, une plante, des animaux, y compris l’homme, des objets et des créations de la main de l’homme qu’un éclair et un tonnerre, un nuage dans le ciel, une goutte d’eau qui tombe des nuages. Tout fait partie de l’OEuvre créatrice dans laquelle l’action a également sa propre place.

Grâce à notre conscience organique, nous sommes entrés dans l’OEuvre créatrice à un certain endroit, dans une de ces cellules, donc dans une action achevée, et nous l’appelons « notre destin ». Nous ne faisons rien d’autre que de traverser l’action achevée - par le mouvement de développement que nous appelons le « cours du temps » - et de la percevoir (la vivre). Nous aurions très bien pu en vivre une autre à une période quelconque. C’est à peu près comme si nous étions devant une bibliothèque et choisissions, parmi toutes les rangées de livres, un roman à gauche ou à droite, sur les étagères supérieures ou inférieures. Nous en choisissons un, commençons à le lire et sommes complètement absorbés par notre lecture. Nous nous transposons à l’époque de son action qui se déroule temporellement sous nos yeux. Lorsque ce roman était dans la bibliothèque, son action était achevée et statique. Il n’avait pas de temporalité. C’est nous qui l’avons créée dans notre pensée, en nous plongeant progressivement dans l’action du roman. Si nous connaissions l’action du roman à l’avance, nous nous imaginerions tout son contenu globalement.

L’OEuvre créatrice subsiste. Nous lui fournissons la temporalité par notre pensée. En définitive, nous ne lui apportons pas de temporalité. Elle ne la requiert pas dans son être statique. Nous ne créons la notion de temps que pour nous seuls, afin d’être en mesure de percevoir les événements d’une façon dissociée.

En venant au monde nous entrons dans un destin achevé. Nous entrons dans un destin bien précis, et non pas dans un autre, car nous lui correspondons inéluctablement par notre façon de penser, notre qualité psychique, notre position de vie et notre degré de développement. Par nos qualités et notre façon de penser nous générons, tout au long de la vie, des actes et nos propres manifestations. Ceux-ci traduisent notre propre personnalité et deviennent ainsi automatiquement des facteurs déterminant notre prochain destin, relativement à leur poids. Mais seulement relativement. Car bien d’autres facteurs y participent. Des influences environnantes, des relations entre notre environnement et nous, entre nous et notre environnement.

Autrement dit : nos actes et manifestations traduisent notre qualité et notre degré de développement. La loi de cause à effet les transpose dans nos prochaines vies. Ils servent de principal facteur pour la recherche de notre prochaine naissance et, de ce fait, de notre prochain destin. Or, ils ne sont pas les seuls.

Imaginons nos attitudes vis-à-vis d’autres personnes dans notre destin actuel, notre vie actuelle. Nous leur témoignons notre sympathie, plus ou moins grande, éprouvons du dégoût ou de l’indifférence envers eux. En réagissant ainsi, nous nous attachons à eux par un lien plus ou moins fort. Ce lien peut être momentané et faible ou, en cas de sympathie plus grande, durable et fort.

Les personnes que l’homme côtoie revêtent une importance non négligeable, notamment celles à qui il témoigne de la sympathie. Les personnes auxquelles nous nous sommes plus ou moins liés nous entraînent par leur influence vers leur prochain destin et nous, par notre sympathie, nous lions à eux à notre tour. Pour cette raison, des personnes aux mêmes déformations psychiques ne devraient pas se côtoyer et renforcer les liens réciproques par leurs sympathies. Cette raison explique aussi pourquoi les créatures matures du point de vue de leur développement ne s’attachent pas affectivement à une personne donnée, mais s’efforcent d’aimer tout étant de la même façon. Je ne vise pas la relation réciproque existant entre les différents individus. Si cette relation entre les individus n’existait pas, l’humanité cesserait de se reproduire. L’homme doit ressentir un attachement pour une autre personne mais, à la différence des gens ayant un niveau de développement inférieur, il n’asservit personne à cette relation.

Autrement dit : il a une relation avec certaines personnes (ses parents, son épouse, ses enfants), mais les place davantage dans une conscience générale qu’un individu à un stade de développement inférieur. Dans le cas contraire, les liens personnels exercent une influence relative sur la prochaine naissance. Par conséquent, notre qualité et nos actes, joints aux influences latérales de la vie actuelle, décident de notre prochaine vie. Selon ce principe, des familles et des sociétés entières se réincarnent ensemble dans de nombreuses vies et des créatures naissent dans la même nation ou dans les mêmes régions.

 

L’être est éternel. Le pouls, l’évolution de la vie, n’existe que dans notre pensée, comme si celle-ci le regardait seulement au fur et à mesure de son déroulement. L’OEuvre créatrice subsiste et se compose de destins individuels de tout. Nous nous réincarnons successivement dans les destins humains que nous percevons et traversons. Ces destins ont été créés à l’avance et nous les épousons comme tels. Cela signifie que les événements et progressions sont déjà déterminés, fixés, mais nous ne les connaissons pas à l’avance. À cause de notre développement imparfait. Si un très bon visionnaire se tenait devant notre berceau, il verrait et décrirait ce qui nous attend dans la vie, quel destin nous aurons. De même, un astrologue expérimenté. Car nous savons bien que les visionnaires existent et l’astrologie nous apporte également des preuves convaincantes de sa capacité de mettre en parallèle le cours des planètes et les destins des gens sur Terre. En effet, les regroupements d’étoiles et leurs mouvements sont comme une figure codée du même être et des mêmes événements sur notre planète. Si l’astrologue parvient à calculer la disposition des étoiles passée ou future, à n’importe quel moment, à décoder correctement leur position et à la transposer sur l’être et les événements de ce moment, il peut également déceler les faits passés ou futurs. L’astrologie nous en a fournit déjà de nombreuses preuves et peut en fournir d’autres à tout moment. Son existence est justifiée et ses résultats sont objectifs.

Si nous acceptons ces possibilités, elles peuvent alors servir de preuve que les destins sont déterminés, achevés et que nous entrons dans quelque chose de défini au préalable que nous nous contenterons seulement de vivre. C’est la vérité. Or, pour ne pas devenir fatalistes, nous devons savoir encore autre chose.

Tout réside dans la dualité et il n’existe rien qui soit en dehors de celle-ci. Un destin défini et ferme, telle est la « volonté de Dieu » . La « volonté de la créature » , dans notre cas la « volonté humaine » , représente son pôle opposé. Ce n’est qu’une loi à deux pôles. La volonté humaine peut s’exprimer librement dans cette volonté de Dieu. L’homme vit son destin donné et accomplit, selon ses capacités de développement, les actes qui correspondent à sa qualité et qu’il est en mesure d’accomplir. Comment est-ce possible dans un destin déterminé à l’avance ?

Le destin n’est pas plan, il a d’autres dimensions. Il se compose d’événements qui s’interpénètrent, entassés les uns sur les autres, telles les perles enfilées sur un fil. Ce fil est l’axe du destin. De plus, chaque événement du destin a ses propres dimensions, sa propre forme. Imaginons, par exemple, que sa qualité s’améliore en allant vers le haut, tandis que vers le bas elle décline de plus en plus. Les événements ne sont pas placés sur l’axe du destin par rapport à leur centre. La position de chaque événement est différente. Certains s’appuient sur l’axe par leur meilleure partie (déplacée vers le bas), la partie supérieure. D’autres par leur centre, d’autres encore par leur partie de qualité inférieure. Ainsi, si nous marchions tout droit sur l’axe du destin, nous trouverions chaque événement dans une position différente et, par conséquent, dans une qualité différente. Par ailleurs, les événements sont positionnés sur l’axe avec une inclinaison différente. Certains penchent de l’avant vers l’arrière, d’autres sont perpendiculaires ou obliques, leur partie inférieure étant plus près et la supérieure plus loin. Voilà leur orientation du haut vers le bas. Mais les événements ont aussi une orientation de l’avant vers l’arrière.

 

Dans chacun de leurs placements, ils s’approchent ou s’éloignent plus ou moins des destins voisins qui jouxtent notre destin et qui par leurs événements influencent les nôtres. Ainsi, nous pouvons imaginer un destin donné et ses événements comme une enfilade de tiges de différentes longueurs, chacune percée à un autre endroit (une plus haut, une autre plus bas) et occupant une position différente du haut vers le bas et de l’avant vers l’arrière. Il a la forme d’un hérisson avec des tiges désordonnées partant dans tous les sens.

Usant de son libre arbitre, l’homme traverse ces événements comme il peut mais sans suivre l’axe du destin. Il traverse sa destinée en suivant une spirale irrégulière pendant un moment, ensuite en zigzag, parfois au-dessus de l’axe, puis en dessous, passe de l’avant vers l’arrière. L’homme chancelle ainsi sans cesse dans son destin.

Si, par exemple, il relève son chemin, par son attitude et ses décisions, au-dessus de l’axe, il traversera ses événements davantage dans leur meilleure qualité et sa perception du destin s’en trouvera améliorée. Si, par contre, il abaisse son chemin en dessous de l’axe, il traverse tous les événements dans leur qualité inférieure et il ressent alors son destin comme étant plus lourd, plus mauvais.

Or, rappelons-nous dans ce raisonnement que les événements ne sont pas centrés sur l’axe, mais posés sur lui, certains plus haut, d’autres plus bas. En passant au-dessus de l’axe, l’homme améliore tous les événements. Mais il peut aussi arriver qu’il rencontre un événement plus mauvais, bien que placé à cette hauteur. La partie inférieure d’un tel événement est placée sur l’axe, alors que sa meilleure partie est en haut, bien au-dessus de l’axe. Dans ce cas, l’événement paraîtra à l’homme relativement défavorable, tandis qu’il lui paraîtrait catastrophique s’il le rencontrait en dessous de l’axe. En passant au-dessus de l’axe, un événement peut ne pas se situer sur un chemin franchissable et l’homme peut le passer. Le contraire est également possible.

Dans son destin, l’homme prend des décisions. Il use de son libre arbitre et le transforme en acte qu’il est en mesure d’accomplir. Sa façon de penser, sa position de vie, ses qualités morales, bref, son degré de développement, sont donc très importants. Un visionnaire ou un astrologue ne peuvent déceler que « la moyenne » du destin humain. Par conséquent, certains événements qui ont été détectés comme certains ne surviendront pas dans la manifestation du destin. Même le départ de l’homme (la mort corporelle) ne peut pas être déterminé avec précision, juste approximativement. La mort survient lorsque l’homme rencontre dans son destin un événement très difficile dans sa pire partie, la partie inférieure. Or, de tels événements arrivent dans la vie d’un homme plus d’une fois, surtout dans la vieillesse où ils s’accumulent davantage à une certaine période. Le destin d’un homme ne se termine pas au moment de la mort corporelle, il continue au-delà. L’homme continue à le vivre, sans son corps et, par conséquent, différemment. Celui qui quitte volontairement son corps (suicide) dans les situations difficiles de la vie n’y gagne donc rien. Bien au contraire, la plupart du temps. Par son acte suicidaire, il abaisse son passage dans le destin profondément en dessous de l’axe et il lui sera très difficile de le relever par la suite. Bien évidemment, un acte diffère d’un autre, contrairement à ce que nous pouvons croire. Nous ne pouvons pas juger le comportement humain dans ces situations. Certains voient le suicide comme une forme de don de soi. L’homme sait, par exemple, que s’il continuait à vivre, il nuirait aux autres. Un autre exemple : l’homme sacrifie sa vie pour un autre but ou pour un but plus élevé, bien qu’il sache qu’il y périra. D’autres actes nous paraissent comme des suicides, mais ne le sont point, car ils sont dûs à l’aliénation d’esprit. Or, l’homme ne devrait pas abuser de ces circonstances, car il pourrait détruire beaucoup de choses dans son développement en tant que créature.

L’homme n’est pas seul à déterminer son futur destin. Comme je l’ai déjà évoqué, plusieurs facteurs participent à sa définition. Il s’agit d’influences latérales exercées par des événements et des personnes. Mais il peut également s’agir des naissances d’individus très évolués qui, contrairement aux autres personnes, n’ont plus besoin de naître. Et ils naissent pourtant. D’une manière générale, les gens doivent renaître. C’est une affaire d’évolution qui est la loi et le pouls de la vie.

Une créature très évoluée ayant déjà compris son appartenance à tout et sentant qu’elle est tout, toujours et partout, c'est-à-dire celle qui a compris le sens profond de la vie et de ses événements, renaît très souvent pour aider, par sa présence, les gens dans leur développement et pour hausser le niveau spirituel de l’époque. Par exemple, une telle créature renaît tous les 2 000 ans à la charnière de deux époques. Elle doit alors prendre un des destins disponibles, avec tous les événements difficiles. Du point de vue humain, c’est un sacrifice, mais la créature ne le conçoit pas ainsi. En effet, elle le fait pour l’ensemble et elle est cet ensemble. Elle atteint cet équilibre idéal dans l’entendement du « je suis » centripète avec le « tout » centrifuge. C’est le symbole du sens de la vie et du chemin d’évolution spirituelle.

Pour cette raison, Jésus, qui était celui qui connaissait et qui renaissait à la charnière des époques, pouvait dire : « Je suis » = le chemin, la vérité et la vie !

Cette parole a été ensuite déformée par les gens en raison d’une compréhension insuffisante de son sens, mais c’est une autre affaire.

L’homme naît dans le destin auquel il appartient. Sa prochaine naissance, due à l’évolution, est déterminée par sa qualité, les actes qui en découlent, la position de vie, puis les influences latérales exercées par d’autres personnes, les relations interhumaines etc. Nous pouvons dire que l’homme héritera de tout ce qu’il fait. Les actes humains doivent atteindre l’équilibre dans le destin global. Les événements vécus au cours des différents destins apportent à l’homme de la force vitale. Si l’équilibre doit être atteint, il est important de savoir si l’homme les dynamise vers le bien ou vers le mal. Après avoir vécu son destin, l’homme y laisse une certaine qualité. Or, son destin subsiste grâce à l’atemporalité. Tous ses événements sont conservés comme un enregistrement musical sur bande magnétique. À tout moment, nous pouvons le réécouter, nous pouvons donc réentendre cette musique à tout instant. Il en est de même avec le destin. Nous avons vécu ce destin. Après que nous l’avons quitté, ce destin devient le passé dans notre esprit. Seulement voilà, ce n’est qu’à cause de notre pensée insuffisante. Le destin continue à subsister. Il était là avant que nous l’adoptions, il était vécu sans cesse. Il sera toujours là, il sera vécu sans cesse. Les créatures qui l’ont vécu y ont laissé leur force. Il est simultanément le pire, le meilleur et équilibré, parce que le temps n’existe pas. Il a sa dimension qualitative qui est pour nous différente à différentes époques.

Nous avons traversé, par exemple, l’époque des camps de concentration hitlériens. Dans notre esprit, cette période est révolue. Mais elle existe toujours. Ces destins effroyables existent toujours et ceux qui les méritent les vivent et les vivront à nouveau, de même que nous pouvons réécouter le disque phonographique que nous avons entendu hier. Je parle de ceux qui, par leur mal, créent de telles horreurs dans les destins. Et non seulement dans les destins humains, mais également dans les destins d’autres créatures.

Nous entendons souvent les gens dire : « Comment Dieu a pu laisser une telle horreur se produire ? » Ils ne réalisent pas que l’homme agit de son propre gré, que ce même homme est en mesure de créer un tel mal et que, une fois le mal créé, il doit aussi être capable de l’assumer. Par son ignorance, l’homme s’est ainsi bâti une dure école. Nous sommes terrifiés par l’existence et l’horreur des camps de concentration, alors qu’aujourd’hui, après toutes ces expériences, nous ne remarquons pas que tant de personnes vivant à notre époque font la même chose aux autres créatures. Est-ce que l’homme ne construit pas de camps de concentration et de camps de la mort, par exemple, pour des poules ou des porcs en créant de grands complexes d’élevage où des milliers de créatures attendent leur mort derrière des fils ? N’est-ce pas ce camp de concentration que l’homme devra lui-même subir dans son prochain destin ? C’est l’acte de l’homme, l’expression de son imperfection qui lui a interdit de compatir avec les autres créatures. La loi de cause à effet renvoie les actes et les attitudes et le prochain destin de l’homme sur son chemin d’évolution est choisi en conséquence. L’homme doit comprendre le prix de la vie et son appartenance à d’autres créatures pour pouvoir continuer plus loin et plus haut. Mais comment peut-on le lui inculquer, s’il n’est pas en mesure de comprendre par lui-même cette problématique et de la justifier à soi-même.

Les temps passés ont vu naître deux sciences. Elles étaient opposées selon toute apparence. L’une des sciences prétendait, entre autres, que l’homme pouvait se réincarner en animal dans sa prochaine vie. Cette théorie avait été vraisemblablement justifiée de la manière qui vient d’être décrite. L’autre science affirmait que l’homme ne pouvait plus se réincarner en animal du fait de sa forme d’évolution plus complexe et plus perfectionnée.

Étant donné que la forme psychique doit correspondre, par sa complexité, à la forme corporelle, c’est-à-dire qu’elle doit être son opposé corporel du point de vue matériel, du point de vue des formes et des proportions corporelles, une entité psychique plus complexe ne peut s’unir avec une entité matérielle moins complexe (à un degré inférieur de développement), à savoir le corps d’une créature inférieure.

C’est vrai. Mais les autres ont également raison. Grâce à l’expiation, l’homme doit comprendre ce qu’il ne peut pas comprendre par ailleurs. Ces deux sciences, seraient-elles contradictoires ? Non, les deux ont raison. Où est donc la vérité ?

J’ai eu une vision. J’ai vu un homme habillé en smoking, mais je savais que son corps était sale, caché sous cet habit d’apparat soigneusement repassé. Cet homme arriva au bord de la rivière et devait s’y laver. Il n’y entra pas tout habillé, bien évidemment. Il se déshabilla, posa ses vêtements sur la rive, entra dans la rivière et se lava. Une fois lavé et séché, il se rhabilla, arrangea sa tenue et devint comme auparavant, mais propre.

L’homme qui doit régresser et se réincarner en créatures inférieures (ce qui concerne actuellement la majorité de l’humanité) ne peut pas y renaître dans sa pleine substance humaine, mais seulement avec les composantes correspondant au degré de développement de la créature donnée. En attendant, l’homme laissera les autres composantes (qui sont en trop) dans son subconscient. Lorsqu’il aura traversé toutes les naissances inférieures et qu’il en aura tiré une leçon, il endossera celles qui étaient différées (et dont il ne se rendait pas compte) pour devenir le même homme qu’il était auparavant, mais plus propre et plus perfectionné. Par conséquent, la vérité est du côté de la science affirmant que l’homme ne peut pas régresser et se réincarner en créatures inférieures. L’homme ne s’y réincarne pas, seulement une de ses parties. La seconde science, qui prétend que nous pouvons ou devons nous réincarner en créatures inférieures, est juste, elle aussi, comme je viens de l’expliquer. Renaître dans des créatures inférieures n’est pas une régression, mais seulement un détour, imposé pour des raisons pédagogiques, qui fait mal et retarde l’évolution. Mais que faire de ces gens qui ne sont pas en mesure de réfléchir sur un fait aussi évident, de le justifier, d’adopter une attitude positive vis-à-vis des autres et de s’y conformer.

Le destin est donné, son action est fixée, mais il a ses dimensions à l’intérieur desquelles la créature se déplace par son libre arbitre. Imaginons ensuite que chaque événement est d’une largeur différente. Par sa largeur, il s’approche, empiète ou croise un autre événement d’un destin voisin. Il l’influence plus ou moins ou, au contraire, est influencé par lui. Dans le cas d’un détour plus grand, l’homme peut être plus ou moins retenu par le destin, ou le retenir lui-même. Or, l’axe de son destin a sa propre force qui retient la créature. Lorsque celle-ci s’écarte, la force la ramène.

L’homme y est comme sur un élastique. Plus il déploie de force pour s’écarter de l’axe du destin, plus la poussée qui le ramène est grande. Dans le but de mieux comprendre, je cite la vision suivante :

J’ai vu un mont enneigé avec une tranchée creusée, allant du sommet vers le bas. Un skieur la descendait. Il devait descendre par cette tranchée, bordée par des versants de faible pente. Le centre de la tranchée était couvert de bosses et le skieur n’avait donc pas envie de descendre par le milieu. Parfois il déviait vers le versant droit, parfois vers le versant gauche. La descente au milieu était facile, mais chaque fois qu’il s’écartait vers le côté, il devait fournir un grand effort pour se maintenir sur la pente. Après quelque temps, il était affaibli et descendit vers le milieu de la tranchée.

Il en est de même avec le destin humain. L’homme tente quelquefois de l’éviter. Parfois, il y parvient partiellement, pour un bref instant, mais le prix à payer est bien plus élevé que le profit obtenu.

Il était une fois un homme condamné à un destin de pauvreté. Il se révoltait contre un tel destin. Il a volé une somme d’argent assez importante, mais n’a pas pu en profiter trop longtemps. Il a été démasqué, il a perdu tout son argent et il a aggravé son destin pour une période assez longue.

 

Mais quelle décision prendre pour poursuivre son destin ? Si je comprends que « Moi » je suis tout, bien que dans la phase actuelle de mon développement (à peu près moyenne) je ne le ressente pas ainsi, je sais alors que n’importe quelle imperfection dans l’OEuvre créatrice, où qu’elle soit, est mon imperfection. Il faut donc que je constitue une composante positive de l’OEuvre créatrice afin de devenir plus tard sa composante équilibrée. Il faut faire du bien autour de soi. Si je passe à côté d’une flaque où une abeille se noie, je l’aide à en sortir. Imagine-toi dans la situation d’un autre homme, d’une autre créature, d’une plante. Imagine-toi être cette abeille dans l’eau qui aime la vie autant que tu l’aimes. Or, sa vie est aussi précieuse que la tienne. Aide-la pour que toi aussi, tu sois aidé la prochaine fois. Ne sois pas une créature destructrice. C’est une qualité réservée au degré d’évolution moins avancé. Son antipode est constructif. Ces deux éléments doivent être en équilibre et ils le sont dans les formes supérieures, mais ils ne s’appliquent pas encore à notre vie.

On peut détruire une créature vivante, mais on ne peut pas ressusciter une créature morte. Ne détruis donc pas des vies. Ne tue pas et ne sois pas la cause des tueries.

Les grands guides spirituels connaissaient cette vérité et l’ont communiquée aux hommes. Les doctrines plus élevées et non déformées réservent la première place à la non-consommation de la viande. Et à juste titre.

 
 
 
 

Josef Zezulka – BYTÍ – L’ÊTRE – philosophie de vieJosef Zezulka – BYTÍ – L’ÊTRE – philosophie de vie
Éditeur © Tomáš Pfeiffer, Éditions Dimenze 2+2 Praha, Soukenická 21,
110 00 Prague, République tchèque
le 30 mars 2015, ISBN 978–80–85238–22–8 
Tous droits réservés. Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite ou diffusée sous aucune forme – papier, électronique ou autre – ni traduite dans une autre langue sans le consentement écrit préalable de l’éditeur. 
© Tomáš Pfeiffer, 2015

  

 
     
 
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