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Sens de la vie

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Josef Zezulka – BYTÍ – L’ÊTRE
philosophie de vie

SENS DE LA VIE

Chaque créature, depuis la moins évoluée jusqu’à la plus élevée, cherche – selon ses possibilités – le sens de la vie et le sens de son propre être. Chacune des principales religions s’interroge sur le sens de la vie et de nombreux courants philosophiques sont marqués par sa quête.

La question du sens de la vie est éternelle. Puisque ce problème nous intéresse, je vais tenter - selon mes possibilités humaines – d’en parler et de l’approcher. Ma tâche ne sera pas facile car nous ne sommes que des hommes.

Nous nous demandons comment est le monde ? Nous gravissons une montagne et nous voyons l’horizon. Nous voyons le monde, mais ce n’est pas le monde entier. Nous descendons de la montagne, nous allons jusqu’à l’horizon, mais là, un autre horizon s’ouvre à nous. Et c’est la même chose avec le sens de la vie. Lorsque nous atteignons l’endroit où nous croyons l’avoir trouvé, de nouveaux savoirs, plus profonds, émergent avec le temps, de nouveaux horizons s’ouvrent à nous et nous permettent de connaître davantage et de façon plus approfondie. Sur le chemin de notre évolution, nous sommes actuellement des hommes. Par conséquent, nous ne pouvons comprendre que ce que la compréhension humaine est en mesure d’embrasser.

Chacun tente de comprendre le sens de la vie de son point de vue et selon ses possibilités. Il existe des points de vue superficiels, profonds et même très profonds. Nous allons donc suivre leurs traces.

 

Le sens de la vie de :

1. l’homme

2. la créature intérieure

3. l’OEuvre créatrice

4. Podstata.

Ces différents échelons nous permettront de mieux saisir le coeur du problème. Au mieux des possibilités humaines.

 

Sens de la vie

1. de l’homme – n’est pas négligeable. Le chemin de notre évolution nous a conduits jusqu’à l’espèce humaine. C’est précisément à ce stade que se trouve le passage entre l’évolution passive et active. Nous ne sommes pas venus au monde pour rien, chacune de nos naissances revêt d’une grande importance. Après avoir franchi la limite, nous entrons dans la phase du développement actif où notre volonté et nos décisions sont bien plus prises en compte que par le passé. Si la nouvelle possibilité qui nous est offerte est utilisée de façon appropriée, elle nous apporte énormément. Nous pouvons accélérer et faciliter notre développement, à la seule condition de l’utiliser correctement. Nous parvenons au noyau qui constitue l’un des sens de la vie humaine. Chercher à comprendre volontairement et à se rapprocher de la meilleure qualité humaine possible afin de faciliter et d’accélérer le développement humain.

Celui qui apprend à connaître les principes et qui s’approche de la vérité immuable de Podstata, comprendra rapidement son déséquilibre par rapport à l’équilibre de Podstata d’où tout est issu et où tout retourne. Bien que nous soyons issus de l’unité, nous nous trouvons actuellement dans la dualité. Nous concevons chaque loi de la vie sous deux pôles et cette bipolarité nous accompagne tout au long de notre vie de créature. Mais il n’y a pas que cela. Nous sommes bipolaires nousmêmes. Chacune de nos qualités, de celles qui font de nous des hommes, a son antipôle et, malheureusement, incline en général vers l’un des pôles au détriment de l’autre. Habituellement, elle penche vers le pôle négatif. Dans tous les cas de figure, cette qualité manque d’équilibre.

L’homme se trouve sur le chemin de l’évolution. Il est dans son intérêt de le parcourir facilement et rapidement. S’il subissait un développement passif et apprenait grâce à la réflexion de ses actes, il souffrait de ce qu’il s’était préparé lui-même. S’il avance activement, il doit s’efforcer de comprendre au mieux le « grand fait » et de changer en conséquence. Dans tous les cas de figure, il s’agit d’un changement et nous devons chercher précisément ici l’un des sens de la vie humaine.

Observons donc le cours de la vie, tel qu’il nous apparaît lors de nos réincarnations. Chaque créature y exprime sa qualité par ses actes. Elle vit et agit selon les caractéristiques qui la composent et la qualité des celles-ci. La loi de cause à effet transmet son expression vitale aux vies ultérieures où la créature se retrouvera dans les situations qu’elle avait créées elle-même auparavant. Elle apprend en vivant ces situations. Ce processus vise à créer l’équilibre intérieur de la créature au fur et à mesure de son développement. Il s’agit de la même chose lorsque la créature se trouve au milieu du chemin, qu’elle parcourt en tant qu’espèce humaine, où elle atténue la loi de cause à effet et où elle commence sa progression active. L’homme est alors à même de se construire volontairement sur ses propres qualités, d’élargir et de parfaire sa base philosophique, d’apprendre et de se changer. Par conséquent, la vie humaine n’est point inutile.

Le sens consiste en la transformation évolutive permettant d’atteindre une vie ultérieure plus évoluée et

 

meilleure.

Sens de la vie

2. de la créature intérieure. Alors que le sens de la vie de l’homme ne concerne que son propre intérêt, intérêt humain, et réside en sa transformation (en son chemin spirituel), le sens de la vie de sa créature intérieure est, évidemment, bien plus profond.

Mettons-nous à la place de la créature qui est née sous la forme la plus élémentaire, la plus primitive, que nous pouvons appeler « virus », et qui a atteint – grâce à ses passages par de nombreuses espèces évolutives – le stade de la créature la plus parfaite, la plus évoluée que l’on puisse trouver dans l’OEuvre créatrice. C’est l’une de ses vies, de même qu’une vie de l’homme, depuis sa naissance jusqu’à sa réincarnation.

Elle y comprend son « Moi », sa notion de l’être, et elle conçoit une de ses vies spécifiques comme nous concevons un jour de notre vie. Tout au long de sa vie, la créature acquiert des expériences provenant de ses différentes naissances, de ses différentes réincarnations. En traversant ses vies successives, elle s’enrichit d’expériences qui lui permettent de se développer et de grandir. Or, elle ne conserve pas l’ensemble de ses expériences et de ses sensations. Elle ne garde que celles qui se sont profondément ancrées dans son conscient (notre subconscient).

Cela se passe comme avec notre conscience. Nous enregistrons dans notre mémoire les sensations fortes auxquelles nous pensons et qui nous paraissent importantes, tandis que nous laissons échapper les événements qui ne font que passer à côté de nous et qui ne réveillent pas notre curiosité. Il en est de même pendant le sommeil. Une fois réveillés, nous nous rappelons un rêve, tandis qu’une autre fois nous nous souvenons à peine d’avoir rêvé. Ce qui importe, c’est à quelle profondeur nous enfouissons l’idée reçue ou créée dans notre conscient.

Notre créature intérieure profonde ne met à profit que les sensations fortes. Ce sont les seules qui aient un sens pour elle et qu’elle puisse utiliser. Ce sont les seules qui lui permettent de croître et de se développer tout au long de sa vie. Son évolution s’oriente vers Podstata dont elle est issue. Sa notion de l’être s’est séparée de l’être central pour se consacrer à la perception progressive de Podstata, c’est-à-dire au temps, et à la perception de sa pluralité résultant de son unité et de son morcellement. En progressant sur le chemin de son évolution, la créature intérieure perfectionne son conscient grâce aux expériences reçues afin qu’il élargisse et libère son propre « Moi » permettant d’assimiler progressivement les autres « Moi » comme lui-même. Ainsi, la créature intérieure se prépare à une fusion générale avec tous les autres « Moi » (notions de l’être), à un retour à la perception unique, au concept essentiel de « Je suis tout ce qui existe » .

Elle est issue de Podstata, elle retourne à Podstata. Elle supprime la notion de la pluralité et du temps et devient « tout, toujours et partout ».

Cette émergence et la prise de conscience de soimême, aussi bien en décomposition qu’en permanence composée, manifestent la dualité latente de la notion unique de l’être, de « Je suis » suprême, et représentent, somme toute, sa vie.

L’action dans l’inaction concernant la notion de l’être, c'est-à-dire la notion de « Je suis », est l’un des sens de la vie de la créature intérieure.

Autrement dit : ne pas percevoir soi-même, mais élargir sa notion de l’être à tout étant. Je suis chaque autre créature, il n’y a pas d’autre créature, il n’y a que « Je suis tout », dans l’unité. Petit à petit, le « Moi » de la créature grandit et finit par se confondre avec les autres « Moi ». Si je veux exprimer différemment la même idée, je peux dire que

l’un des sens de la vie de la créature consiste en ce que le « Moi » de la créature individuelle devienne tout ce qui existe.

Nos efforts visent le même objectif intermédiaire. Et quel est le sens de cette action ? C’est l’expression du « Moi » éternel et permanent dans le temps, dans la décomposition. En effet, Podstata éternelle doit comporter également le temps, en tant qu’antipôle, en tant que qualité globale de la tempo-atemporalité. Il s’agit de la décomposition de la notion de l’être et de son observation dans le temps.

Par ailleurs, il existe un deuxième facteur intermédiaire qui définit le sens de la vie de la créature intérieure. Il part du principe que toute l’OEuvre créatrice existe maintenant, sous sa forme définitive, atemporelle et immuable. Pour nous, c’est la destinée, c’est-à-dire le processus de la vie que nous traversons par notre perception. C’est un regroupement de l’ensemble des destins de tout étant, dans tous les temps. Il n’y a pas de passé ni de futur que nous distinguons parce que nous les parcourons par la force du temps; il n’y a que le présent permanent, animé par nous, entités spirituelles. La destinée n’est pas aussi plane que nous pouvons la percevoir au cours de notre vie. Elle a une autre dimension qui concerne la qualité de tout étant, de tous les événements, actions et processus. En naissant, notre « Je suis » humain s’imbrique dans la destinée générale, ou plus précisément dans l’une de ses destinées, et la porte sur ses épaules comme son propre destin. Par la suite, il le vit en tant que l’une de ses nombreuses vies. Il met dans sa vie toute la qualité de son « Moi » et vit son destin en fonction de cette qualité. Notre « Je suis » traverse les événements achevés dans leurs dimensions et les influence en les améliorant ou, au contraire, en les aggravant.

Nous sommes donc une composante complémentaire de cette OEuvre créatrice. Nous sommes la composante qui la comble et anime. Nous représentons une force qui agit sur sa qualité, qui ravive et qui fortifie. Nous pouvons la combler positivement ou négativement, ce qui ne revient pas du tout au même. Effectivement, lors de nos prochaines quêtes de connaissances plus évoluées, le temps viendra où nous sentirons, grâce à notre conscient, que nous sommes tout et tous.

L’afflux de forces négatives, introduites dans l’OEuvre créatrice par des ignorants et des faibles, la déséquilibre, l’encombre et - vu que « Je suis tout ce qui existe » - nous encombre également. Par conséquent, devenir une composante positive de l’OEuvre créatrice constitue un autre sens de la vie de la créature. Afin que nous puissions créer des conditions favorables et faciles non seulement pour tous les hommes, mais pour l’ensemble des créatures. L’homme doit se rendre compte qu’il avait été mis dans ce monde pour servir tout ce qui est vivant, non pas pour asservir tout étant et jouer au seigneur dominateur. Il doit s’appliquer à ennoblir et à améliorer la destinée. Car notre prochaine connaissance, plus évoluée, nous permettra un jour de réaliser que je suis tout ce qui existe et si je contribue à tout améliorer, j’améliorerai aussi ce qui est à moi.

Si l’humanité parvient à en prendre conscience, si elle réussit à chasser de sa pensée et de son comportement l’égocentrisme et à instaurer l’altruisme, le monde redeviendra meilleur. L’homme comprendra alors ce sens de la vie et sera heureux, de même que tout autour de lui.

Sens de la vie

3. de l’OEuvre créatrice. Tout ce qui existe, ce que nous percevons comme la réalité, est d’essence intellectuelle ou spirituelle. Le fait de parler de la matière et de l’esprit ne reflète que notre attitude d’homme – cette imparfaite perception humaine. Tout n’est qu’idée et il n’existe rien qui ne le soit pas. Tout le cours de la vie que nous observons, que nous parcourons et qui nous influence, n’est qu’une décomposition des forces spirituelles, de leurs combinaisons et de leurs interactions réciproques. Cette combinaison d’idées, si étonnamment grande, s’oppose à notre composition organique et sa diversité se multiplie. C’est l’action, c’est ce que nous appelons la réalité, bref, c’est tout ce qui existe, à tout instant et en tout lieu.

Cette réalité, dont nous sommes si fortement convaincus, est l’OEuvre créatrice que je perçois, d’une part, comme mon propre état corporel et, d’autre part, comme les événements du destin – la destinée globale, composée de destins individuels de chaque être.

L’OEuvre créatrice représente un problème bien plus grand que ce que nous pouvons imaginer de notre point de vue humain. Nous ne l’entrevoyons que partiellement, selon notre maturité d’évolution, le degré de développement de la créature que nous sommes. Or, cette maturité n’est pas si prodigieusement grande que la plupart des gens l’imaginent. Notre pensée ne peut en embrasser qu’une minime fraction. Bien que cette dernière soit plus grande que celle discernée par des animaux vivant actuellement sur notre planète, elle ne représente globalement qu’une infime partie dont la taille est proportionnelle à notre degré d’intelligence.

Nous connaissons l’OEuvre créatrice comme une grande idée accomplie, inétendue, que nous ne pouvons que regarder par notre compréhension limitée et dans la marche du temps. Nous l’avons connue comme une partie de Podstata où toute unité peut paraître décomposée, bien qu’elle ne le soit guère. Or, elle n’offre aucune autre possibilité aux observateurs que nous sommes. Notre compréhension nous permet d’observer ses pôles dans leur unité. La perception progressive devient alors le cours de notre vie (le destin). Elle forme et justifie notre être vital.

L’OEuvre créatrice représente une partie de Podstata dans sa pleine qualité. Elle n’en diffère que par le fait qu’elle se trouve limitée dans l’espace et dans le temps. Par ailleurs, elle est comprise progressivement au fur et à mesure du temps qui passe. Étant donné qu’elle a apparu, elle est également vouée à la disparition. Car elle est identique à Podstata, elle comporte tout ce que Podstata contient. L’OEuvre créatrice implique aussi bien l’unité que la bipolarité, la dimensionnalité et l’adimensionnalité. Elle englobe tout avec sa dualité latente - qui se manifeste comme telle de façon rythmique - afin de reconquérir son unité. Ce rythme est la vie. Dans Podstata, cette vie est permanente, immobile, tandis qu’elle se manifeste en rythme régulier dans l’OEuvre créatrice. À juste titre, nous pouvons le comparer à la respiration. Podstata éternelle ne cesse de se déployer rythmiquement dans la bipolarité afin de redevenir unique dans la prochaine phase. Cette inspiration et expiration de Podstata représentent l’apparition et la disparition de l’OEuvre créatrice.

L’expression dans l’inexpression, la manifestation de sa propre éternité dans la décomposition et dans le temps – voici le sens de la vie de l’OEuvre créatrice qui concerne chaque « Je suis » dès que ce dernier se comprend lui-même comme étant chacun et tout. Dès qu’il réalise que la bipolarité de la vie est l’unité, que le cours de la vie est une décomposition de l’unité en progression et que lui-même est Podstata.

Sens de la vie

4. Du point de vue de Podstata. Lorsque nous nous sommes risqués à considérer le sens de la vie du point de vue de l’OEuvre créatrice, nous avons regardé dans de très grandes profondeurs. Nous ne sommes que des hommes et, bien qu’une maturité spirituelle très élevée permette de s’abstraire considérablement, notre compréhension n’est que relative. Détachés de Podstata, nous sommes en développement dans l’OEuvre créatrice. Nous ne sommes pas en mesure de raisonner sur le sens de Podstata et de son être. Peut-être pouvons-nous au moins essayer de supputer ce problème suprême. À des fins d’estimation, nous utiliserons la connaissance de l’inéluctabilité de l’être que l’homme peut acquérir.

Tout ce qui existe est issu de Podstata et se divisait selon la loi de la vie. Cette inéluctabilité est dans Podstata en état d’inertie permanente. Chaque être et chaque vie se caractérisent par le mouvement. Dans Podstata, le mouvement est en état latent. S’efforçant d’être mis en valeur, il se manifeste autrement entre Podstata inerte et l’OEuvre créatrice.

Tout ce qui existe dans l’OEuvre créatrice accompagne la vie et, par conséquent, doit être lié à Podstata. Il se manifeste par un va-et-vient permanent et rythmique qui est analogue, par exemple, à la respiration (entre autres). Dans Podstata, ce va-et-vient est au repos et sa dynamique ne surgit qu’au moment d’une progression temporelle qui doit être équilibrée et, par conséquent, rythmique.

Dans Podstata, le rythme ne peut pas être en mouvement, tel que nous sommes habitués à l’observer. Ici, il représente une forme, une figure, une des pierres à bâtir de Podstata. C’est pourquoi nous pouvons considérer l’OEuvre créatrice comme l’expression indispensable de Podstata éternelle et infinie.

Si nous faisons abstraction de la question du sens de l’être de Podstata, nous pouvons apprécier le sens de la vie de Podstata comme une caractéristique de l’être de la dynamique vitale qui fait partie de Podstata. Étant donné que cette expression est liée à la progression du temps, elle ne peut s’exercer que dans le segment de Podstata, à savoir dans l’OEuvre créatrice. L’OEuvre créatrice apparaît est disparaît de façon périodique.

C’est un épanchement de Podstata qui retourne à Podstata. C’est la pulsation vitale, le sens de la vie de Podstata. Elle représente l’inspiration et l’expiration - latentes et exprimées - de Podstata, sa nourriture et sa vie statique.

Nous nous interrogeons sur le sens de la vie. Nous le cherchons et nous ne sommes pas les seuls dans cette quête. Toutes les doctrines religieuses dominantes, qui ont effleuré les profondeurs de l’esprit, s’interrogent sur ce sujet. Je suppose que de toutes les créatures engagées dans la lignée évolutive l’homme est le premier à vouloir en savoir plus et n’est jamais satisfait. En règle générale, il n’est pas satisfait de la profondeur de sa connaissance, soupçonnant qu’il est à même de l’approfondir davantage. Or, son insatisfaction est bien inutile. Un jour, la connaissance complète du sens de la vie pénétrera le conscient de « Je suis » qui est éternel. Rien ne se perd. Tout se transforme, rythmiquement et inéluctablement, car même la transformation que nous savons liée au temps est une forme stable et permanente de Podstata dans toute son existence. Et nous, les hommes, nous ne raisonnons que dans une infime étape d’une forme sempiternelle.

Peut-être, serait-il sage de se rappeler les faits suivants :

L’univers respire. Sa respiration se manifeste en quatre phases, extrêmement longues par rapport à notre notion du temps. Plusieurs milliards d’années devront certainement s’écouler avant que l’univers entier devienne incandescent. Un jour, à l’issue de cette période, une impulsion centrifuge traversera l’univers. Le gaz incandescent qui aura constitué les planètes jusqu’alors se dispersera dans l’univers par la force centrifuge. Lors de l’impulsion suivante, centripète, la matière cosmique gazeuse se regroupera à nouveau autour des centres de force créant ainsi de nouvelles planètes qui, lors de la prochaine impulsion, commenceront à se refroidir et leur matière, gazeuse et incandescente jusqu’ici, va se liquéfier progressivement pour se solidifier ensuite. Le refroidissement de l’univers se poursuivra jusqu’à son maximum : les derniers soleils s’éteindront, le gel et la raideur règneront partout dans l’univers. Par la suite, une nouvelle impulsion se présentera, celle de l’ardeur, suivie par la rupture, la concentration et, enfin, le refroidissement. C’est la respiration de l’univers. Permanente et rythmique.

Les périodes qui accompagnent cette respiration sont, de notre point de vue, prodigieusement longues. Imaginons maintenant que notre être, tel que nous le connaissons, n’occupe dans une de ces respirations qu’une infime portion du temps dans sa phase de refroidissement. Nous ne connaissons notre « Je suis » que dans cette fraction de seconde de la respiration cosmique et, la plupart du temps, nous ne pouvons imaginer les transformations qu’il subit ultérieurement.

L’univers respire et ne cesse de se métamorphoser en quatre phases. De même que dans l’univers, ce rythme de l’être se trouve dans tout étant et il est toujours le même bien qu’il se manifeste en fonction du caractère de la sphère essentielle. Le « Je suis » se transforme également dans la respiration cosmique et dans son environnement en mutation. Il n’est pas seulement lié aux conditions que nous connaissons dans la phase actuelle. Il existe toujours et en tout lieu. On le trouve sur les soleils incandescents, dans la dispersion cosmique, dans les conditions glaciales provoquées par le refroidissement de l’univers. Il existe toujours et en tout lieu dans ses propres variantes de respiration.

La créature intérieure que nous avons observée depuis sa forme la moins évoluée, le virus, jusqu’à l’homme et dont nous avons dit qu’elle poursuivait son évolution jusqu’à la perception la plus parfaite de « je suis tout ce qui existe », terminera un jour l’une des phases de sa vie. Elle achèvera un cycle de vie afin d’en amorcer un autre dans des conditions cosmiques légèrement différentes. À l’instar des différentes vies spécifiques qui se succèdent pour former ensemble la vie de la créature intérieure, de nombreuses vies complètes de la créature intérieure modèlent une créature cyclique. Et de nombreuses créatures cycliques forment à leur tour une créature cosmique etc. Il existe une composition permanente, une respiration permanente, une vie per-manente.

Où est donc passée cette unicité de l’être humain dont nous, les hommes, sommes si fiers ? Comment pouvons- nous chercher le sens de la vie uniquement dans les limites de la compréhension humaine ? Penchonsnous sur ce problème. Réfléchissons-y sérieusement car si nous parvenons à mieux le comprendre, nous comprendrons plus clairement le sens de la vie.

Tout nous paraîtra alors petit et insignifiant. Or, rien de ce qui fait partie de l’ensemble n’est ni petit ni insignifiant. En effet, un grand corps ne pourrait exister sans petites cellules. Nous sommes des hommes, restons des hommes. Efforçons-nous d’être une composante positive de l’OEuvre créatrice car c’est là que réside le sens partiel de l’être de notre « Je suis ». Réfléchissons sur ce grand être de tout étant de la façon décrite plus haut et essayons de nous y reconnaître.

La grande connaissance fascine. C’est humain. Mais chacune de ces fascinations devant la connaissance n’est qu’un état extrême d’une connaissance encore plus élevée. Elle ne doit pas nous arrêter sur notre chemin et, d’ailleurs, elle ne le peut pas. Une unité d’intelligence ne cesse de se développer, guidée par l’intelligence fondamentale – par le « Dieu Père ». Elle se développe rythmiquement, elle « respire » en quatre phases, comme tout ce qui existe. Elle croît dans le froid, dans l’incandescence, sous la force centrifuge et centripète, elle se développe selon ces quatre principes créateurs qui la constituent et qui constituent tout son environnement.

Il en fut, il en est et il en sera ainsi. Je le soumets de la sorte et il revient à chacun de prendre ce qu’il veut et ce qu’il peut.

 
 
 
 

Josef Zezulka – BYTÍ – L’ÊTRE – philosophie de vieJosef Zezulka – BYTÍ – L’ÊTRE – philosophie de vie
Éditeur © Tomáš Pfeiffer, Éditions Dimenze 2+2 Praha, Soukenická 21,
110 00 Prague, République tchèque
le 30 mars 2015, ISBN 978–80–85238–22–8 
Tous droits réservés. Aucune partie de cette publication ne peut être reproduite ou diffusée sous aucune forme – papier, électronique ou autre – ni traduite dans une autre langue sans le consentement écrit préalable de l’éditeur. 
© Tomáš Pfeiffer, 2015

  

 
     
 
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